mercredi 19 mai 2010

Le face à face face au mur.

Lorsque l’on parle d’une relation face à face dans le Zen, à quoi fait-on référence ? Il est vrai que l’on n’est pas souvent face à face, mais côte à côte et face au mur. Que symbolise ce mur ? Le soi-même qui nous est commun. Face à face avec son maître, c’est faire zazen à ses côtés et oser le partage de ce soi-même.
Dans une interaction face à face, il y a ce risque d’être défiguré par ce que nous renvoie l’autre comme une éventualité inconnue ou intolérable. C’est le risque qu’encourt toute personne engagée dans une relation, d’où l’usage du masque pour ne pas perdre la face. 
Comment ne pas perdre la face, ne pas être défiguré ? 
Ne jamais perdre de vue que la pratique face à face n’ est pas exempte d’une recherche de reconnaissance si bien qu’elle devient parfois une sorte de partage affectif avec l’autre, une attente implicite d’une place ou d’un rôle à la mesure de notre singularité. Si lors de la relation de face à face avec le maître, l’image renvoyée n’a jamais été perçue comme une éventualité, on n’est plus à sa place et on perd la face.
Bien que nous soyons côte à côte, le maître reste le maître et nous, nous restons nous-mêmes, c'est la singularité de l'histoire de chacun. Vouloir faire reconnaître la nôtre, celle de notre histoire personnelle, n’est pas si aisé, car elle ne l’est qu’en fonction d’un interlocuteur qui, lui, a aussi sa propre singularité. Côte à côte, en zazen et sans masque, le maître nous reconnaît comme disciple. Côte à côte, en zazen, la relation est en équilibre, mais elle est instable si on ne se reconnaît pas à cette place de disciple et l'autre à la place de maître.

Causerie impromptu | Hogan Hosen ji| Kakudo

jeudi 13 mai 2010

Buddhist warefare | Les Guerres Bouddhistes

Nous avons parfois une vision  idéalisée du bouddhisme, celle d’une religion de paix et de non-violence, alors que  l’histoire nous montre qu’il n’a pas été et n’est pas  exempt de discours et de faits de violence tout comme le judaïsme, le christianisme et l’islam. Ce qu’il faut savoir c’est que certaines autorités bouddhistes ont aussi participé activement à la guerre et ont justifié la  violation de leurs principes éthiques tout comme les autres religions.
L'ouvrage examine les actions militaires menées au Tibet, en Chine, en Corée, au  Japon, en Mongolie, au Sri Lanka et en Thaïlande. Il dévoile que même cette tradition, que l’on désigne comme la plus pacifique que le monde ait connue,  connait les affres de la violence humaine. Les huit articles de ce livre montrent que les organisations bouddhistes ont utilisé des images religieuses et de la rhétorique pour soutenir les conquêtes militaires.
Au sixième siècle,  certains soldats bouddhistes en Chine ont reçu le statut de Bodhisattva, après qu’ils aient tué leurs adversaires. En dix-septième siècle au Tibet, le Dalaï-Lama a approuvé un souverain mongol dans l’élimination physique de ses rivaux. Et de nos jours en Thaïlande, des moines bouddhistes soldats exécutent  des  tâches d'infiltration en étant armés.

Auteurs :M.Jerrison & J. Meyer

Relié: 272 pages
Editeur : Oxford University Press Inc (11 février 2010)
Langue : Anglais
ISBN-10: 0195394836
ISBN-13: 978-0195394832